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Retour sur la conférence « Jeunesse et course au large »

audrey, 5 novembre 20265 novembre 2026

Bretagne Sailing Valley a investi la gare maritime de la Bourse de la cité corsaire, en marge de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe pour une matinée dédiée aux nouvelles générations et à l’attractivité des métiers de la voile de compétition. 
 
Ouverts par Anne GALLO-KERLEAU (Vice-Présidente de la Région Bretagne) et Marion BOUVET (adjointe à la vie sportive à la ville de Saint-Malo), les échanges ont permis d’explorer la relation que la jeunesse entretient avec notre filière à travers trois tables rondes captivantes.

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Le parcours atypique du skipper Kieran Le Borgne

Au préalable des tables-rondes, le jeune skipper Kieran Le Borgne est revenu sur son parcours. Un parcours atypique, passé du kitesurf à la course au large via une reconversion technique dans les matériaux composites, puis la concrétisation de projets de rénovation de bateaux abandonnés.

Déjà fort d’une première expérience en Class40 lors de l’édition 2022, Kieran revient cette fois pour cette Route du Rhum 2026 avec un projet baptisé Aïto, porté par des valeurs de sobriété et de transmission. Le cœur de cette aventure est un navire au pedigree exceptionnel : un IMOCA mythique, unique au monde pour avoir remporté deux fois le Vendée Globe, mais qui a passé les treize dernières années à l’abandon dans le port de Brest.

Le projet actuel est donc porté par une dimension de recyclage/durabilité ayant convaincu des partenaires comme Armor Lux et Le Finistère. Projet qui ouvre des perspectives sur l’avenir des bateaux vintage dans la course au large et qui montre une autre voix aux jeunes.

La course au large est-elle facile d’accès pour les jeunes ?

Les intervenants – les skippers Tom Goron et Sophie Faguet, ainsi que Boris Javayon de la SNBSM – partagent des parcours très différents (jeunes performeurs soutenus rapidement par un sponsor vs. parcours plus progressif avec études et compétitions en parallèle) mais convergent sur le constat que la réussite dépend beaucoup de la capacité individuelle à oser solliciter son entourage et à apprendre sur le terrain. L’accès des jeunes à la course au large reste complexe, principalement pour des raisons financières (coût élevé de la compétition, absence de formation au montage de projet/recherche de sponsors) et structurelles (déperdition des jeunes vers 17 ans, peu de filières fédérales dédiées comparées à la voile légère, projets individuels plutôt que collectifs). 

Plusieurs leviers sont identifiés par les intervenants : 

  • Le rôle clé d’un premier soutien/sponsor pour lancer un jeune talent 
  • L’intérêt de créer des passerelles entre voile légère et voile habitable/IRC pour permettre aux jeunes de naviguer sur des bateaux existants, et de favoriser les liens intergénérationnels et la transmission de savoir-faire  
  • L’importance d’armer les jeunes sur les compétences non-sportives (communication, gestion de budget, montage de dossier) 
  • Le développement de modèles qui reposent sur la mutualisation des moyens nautiques, du hangar, de la comptabilité et de la communication, permettant à plusieurs projets de se développer ensemble. Une combinaison du soutien public au départ avec la pérennisation via le privé. 
Conférence Jeunesse et course au large industrie

L’insertion professionnelle des jeunes dans le secteur de la course au large, les enjeux de recrutement de la filière, et la place des préoccupations environnementales chez les nouvelles générations. 

Une table ronde engagée avec Yann Penfornis (Multiplast), Guillaume ARNAULD des LIONS (Fédération des industries nautiques), et les ingénieures Lola Danioux (VPLP Design) et Margot Pelet (MerConcept).

Côté insertion professionnelle, le secteur de la course au large reste quand même soumis à quelques spécificités qu’il est important de connaître : 

  • La passion et le diplôme sont jugés importants mais pas toujours suffisants : les besoins en recrutement dépendent fortement du cycle de vie des projets (ex. les  projets IMOCA sont des campagnes de 4 ans, avec des besoins plus importants en phase de conception du projet et du bateau qu’en fin de cycle). 
  • Le secteur est perçu comme cyclique, avec une forte dimension réseau : « il faut rencontrer les bonnes personnes, au bon moment ». Les annonces existent mais le bouche-à-oreille et les contacts personnels jouent un rôle clé. 

La table ronde a permis de mettre en lumière : 

  • un décalage persistant entre l’image très positive véhiculée par le nautisme et la course au large auprès des jeunes, et la méconnaissance réelle des métiers techniques qui composent ce secteur ; 
  • des tensions de recrutement bien identifiées sur certains métiers (techniciens composite, électriciens/électroniciens, agents de maintenance et de réparation…)  
  • une professionnalisation croissante du secteur de la course au large, avec une structuration progressive des conditions de travail et de rémunération, encore perçues comme en retard par rapport à d’autres secteurs industriels comparables (défense, énergie) ; 
  • une sensibilité réelle et croissante des jeunes générations aux enjeux environnementaux, qui devient progressivement un critère de choix d’employeur, bien que ce ne soit pas toujours la préoccupation prioritaire exprimée en premier lieu ; 

Découvrez le programme « Équipe Nautique Recrute » qui vise à informer et attirer les jeunes vers des emplois durables dans la filière. 

Conférence Jeunesse Course au large voies royales

Les filières d’accès à la course au large

Quelles voies pour intégrer la Sailing Valley ? Regard croisé sur les parcours et les compétences de demain avec Adrien Perrault (Brest Bretagne Nautisme), Bastien Seantier (Université Bretagne Sud) et la skippeuse Samantha Davies.

Cette table ronde a permis de dresser un panorama des différentes voies d’accès à la course au large, qu’elles soient académiques (formations de Bac+2 au doctorat, dans les écoles type ENSTA Bretagne, Université Bretagne Sud, INB, …), sportives (filières olympiques, clubs, tremplin) ou professionnelles (stages, recrutement direct au sein des équipes). 

Les intervenants s’accordent sur l’absence de « voie royale » unique : le secteur reste accessible par des parcours multiples et variés, mais la passion et la motivation personnelle constituent des facteurs déterminants, parfois plus que les diplômes seuls, pour réussir son insertion.  

Le nouveau projet de pôle course au large porté par Brest Bretagne Nautisme à Brest ou bien le nouvel investissement de la Région Bretagne et d’EDEIS pour renforcer le pôle nautisme et course au large à Saint-Malo apparaissent comme des initiatives insufflant de nouveaux vents porteurs, visant à créer de nouveaux tremplins entre la filière sportive classique et l’engagement dans la course au large, accompagnés d’une forte dimension économique, sociale et environnementale. 

Liste non exhaustive de formations académiques en Bretagne qui permettent de travailler dans la course au large et le nautisme :

Master Eco-Conception des Polymères et Composites – Université Bretagne Sud 

Master Génie mécanique et matériaux – Université Bretagne Sud 

Master Ingénierie marine – Université Bretagne Sud 

Master Mécanique, matériaux, génie civil, mécatronique – Université Bretagne Sud 

Master Systèmes embarqués / systèmes intégrés – Université Bretagne Sud 

Licence Professionnelle Métiers de l’Industrie et la Construction Navale – Université Bretagne Sud 

Licence Professionnelle Métiers de la mer : Parcours Nautisme et Métiers de la plaisance – Université Bretagne Sud 

Mastère spécialisé Ingénierie Marine / Architecture Navale et Offshore – Ensta 

Formation d’Ingénieur « Systèmes embarqués », par apprentissage – Ensta 

Formation d’Ingénieur en Conception mécanique, par apprentissage – Ensta 

Centre National Universitaire à la voile (CENUV) – Université Bretagne Sud 

Les formations du nautisme – INB professions nautisme 

Préparateur voilier de course on Strikingly 

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